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بين التحدي والنعمة خبراتُ عامٍ بين الخدمة والدراسة

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« Venez à l’écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu » Marc 6, 31.

 A la fin de l’année 2024, fin octobre et début décembre, j’ai accepté de donner deux retraites a des prêtres diocésains, l’une pour ceux d’Assiout et l’autre pour ceux de Souhag. Compte tenu de leur emploi du temps, chaque retraite a eu lieu du lundi au jeudi. Ce fut une expérience enrichissante qui m’a poussé à réfléchir sur ce service d’Eglise.

En principe, nous avons appris à répondre positivement à tout appel de l’Eglise, comme saint Ignace nous encourage à le faire en « sentant avec l’Eglise » (« sentire cum ecclesia »). Cette conviction m’a poussé à accepter cette mission, d’autant plus que mon supérieur m’y incitait également.

Tout d’abord, je me rends compte qu’avant de donner, j’ai d’abord reçu. En effet, les prêtres exercent un ministère paroissial exigeant, qui requiert de leur part une constante disponibilité : administrer les sacrements, effectuer des visites, célébrer des obsèques, assurer des catéchèses, organiser des sessions, etc. Tout cela ne leur laisse guère de temps pour eux-mêmes. De plus, un nombre croissant de prêtres sont mariés et responsables de foyers. Certains, parmi eux, ont même la charge de deux paroisses. Dès lors, comment améliorer ce service essentiel, si l’on ne prend pas le temps de réfléchir à l’importance de la retraite annuelle, ce moment où, dans le désert, ils peuvent recevoir une nourriture succulente qui rassasie et console leur cœur et nourrisse leur esprit ?

Au début, j’étais un peu hésitant face à cette expérience, mais ayant accepté, je me suis rappelé les paroles du Christ nous le rappelle, « Ne vous souciez pas de ce que vous aurez à dire, car l’Esprit-Saint vous inspirera ». J’ai donc préparé tout le contenu par écrit, afin de leur laisser un document auquel ils pourraient se référer ultérieurement, s’ils en ressentaient le besoin.

Le lancement de la retraite est un moment clé, car il permet à l’assemblée de s’engager pleinement dans la démarche proposée. J’ai compris que le silence n’est pas un but en soi, mais un moyen à privilégier. Une conviction m’a toutefois guidé tout au long de ces retraites : celle de la reconnaissance de leur mission. Il s’agissait de les féliciter et, surtout -et c’est très important-, de les ramener à la source de leur vocation, en leur rappelant cette première rencontre avec Celui qui nous a invités tous à le suivre : le Christ, et leur premier amour pour emprunter une belle expression de l’Apocalypse.

Le choix du lieu de la retraite est également fondamental : un lieu « désert » qui favorise la rencontre avec Dieu et avec soi-même. Le désert est le lieu de la confrontation mais aussi des retrouvailles ; le lieu du combat, mais aussi de la transfiguration.

Comme toute chose a un commencement et une fin, et que de commencements en commencements, nous avançons vers des commencements sans fin, ces deux retraites ont pris fin pour faire place à un nouveau commencement que j’espérais, et que j’ai vu se réaliser. Cela se ressent sur les traits des visages et dans le zèle renouvelé, qui incite à poursuivre ce service et, peut-être, à proposer d’autres moyens pour favoriser de telles rencontres. J’ai appris que les évêques organisent, dans leurs diocèses, des rencontres mensuelles pour un temps de ressourcement autour d’un livre. Il est essentiel d’encourager et d’accompagner ces initiatives, et ensemble, de proposer et découvrir d’autres moyens pour rendre un meilleur service à la gloire de Dieu et au salut des âmes.

La présence de l’évêque de chaque diocèse au cœur de ces retraites est un soutien réel, une présence paternelle du pasteur auprès de ses brebis, et, comme nous le rappelle souvent le Pape François, un cheminement synodale fraternel, fondé sur la fraternité même de notre baptême commun. J’en ai été profondément touché et j’en rends grâce à Dieu.

Fawzi NASRI sj

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