Mot du Père Provincial : Entre Souffrance et Espérance
Nous entrons aujourd’hui dans la Semaine Sainte. Ayant célébré l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, nous avons lu sa Passion selon Saint Matthieu. La joie et la fête sont derrière nous et nous entrons dans le mystère de Jésus qui se donne entièrement pour nous sauver. En attendant la Résurrection, c’est ce don de soi total — et la souffrance qui en découle — qui retient toute notre attention.
الخبرة الكبيرة – المبتدئ روجيه مجدي
كل راهب يسوعي فور انضمامه للرهبنة يكون في مرحلة الابتداء. ومن مراحل التكوين أن في عامه الثاني للابتداء يذهب في خبرة طويلة. وعليه فقد كان محدد لي أن أرسل إلى مدينة المنيا لقضاء وقت خبرتي هناك حيث يوجد مُجمع به دير اليسوعيين، ملحق بمدرسة الآباء اليسوعيين، وجمعية “الجزويت والفرير” التنموية، ومبنى لتكوين الشباب. وعلى مسافة 20 دقيقة سيرًا على الأقدام، جنوبًا من/قبلي المدرسة يوجد مبنى الفرير بمنطقة جاد السيد الذي فيه تتم أنشطة تعليمية وتربوية لأهل المنطقة. ويُدعى الفرير نسبة لأول من أسسه الفرير شمعون اليسوعي لبناني الأصل.
الخبرة الكبيرة ـ المبتدىء ألان الياس
من قلب يفيض بالشكر والامتنان المؤمن للثالوث القدوس الآب والابن والروح القدس الحاضر معي وفيَّ ومن خلالي برحمة لا توصف وحبٍ لا محدود، مصدر حياتي وغايتها. وبامتنان كبير للرهبانية اليسوعية وسخائها الكبير في مجال التنشئة والتكوين، التي اتاحت لي فرصة عيش الخبرة الكبيرة في جماعتين مختلفتين، في حين أن الهدف الأساسي لهذه الخبرة في كلا الجماعتين كان التركيز على تعلم اللغة الفرنسية التي أنا بأشد الحاجة إلى معرفتها وتعلمها، والتي درستها في معهد إتوال الخاص للغة لمدة 6 أسابيع، وقد كان وقتاً مثمراً للغاية، وعليه لم يكن لي من فرصة للمشاركة في عمل رسولي معين، إلا ما كان يُطلب مني بطريقة شخصية.
النصّ العربيّ في الأسفل
Les mois sabbatiques ont commencé un peu à la hâte. À peine le temps de refermer à Beyrouth l’hommage au P. Camille Héchaimé le 5 décembre que déjà il fallait partir. L’Espagne ouvrait la marche, avant que l’Atlantique ne m’attende plus au sud, aux îles Canaries.
Je ne m’attarderai pas sur les péripéties administratives — bien réelles — autour d’un passeport voyageant plus que son propriétaire. Elles ont constitué une trame souterraine d’inquiétude. Mais c’est finalement une autre géographie intérieure qui s’est dessinée à Maspalomas, au sud de Gran Canaria.
L’appartement familial de l’actuel Aumônier général de la Pastorale universitaire, généreusement mis à ma disposition, ressemblait à une maison endormie. Grand « Blanc de neige libanais » que je suis, j’ai dû l’apprivoiser avec une certaine pudeur : entrouvrir des placards chargés de souvenirs, tracer les limites de mon espace sans troubler la mémoire silencieuse des lieux.
Maspalomas est une ville de tourisme intensif, une mécanique qui ne s’arrête jamais. Hôtels immenses, restaurants pour tous les goûts, flux continus de visiteurs venus chercher le soleil en plein hiver. Le vent y est constant, parfois pénétrant ; il sculpte les dunes dorées — venues d’ailleurs elles aussi comme les touristes — se sont installés sur cette île volcanique aux pierres noires.
Chaque après-midi, vingt minutes de marche me conduisent vers la plage. Là, le paysage étonne : un désert de sable blond qui se jette dans l’océan. Les dunes de Maspalomas dessinent une mer immobile face à la mer vivante. La brise, patiente et souveraine, efface les traces des touristes de la veille et redessine, d’un trait précis, les courbes du sable — chaque jour y ressemble à un premier matin de la création. L’alliance du désert et de l’eau confère au lieu une tonalité biblique. Mes sandales de toujours renvoient à celles de Moïse s’approchant de son buisson ardent.
Le moment du coucher de soleil y prend une densité particulière. Chaque soir, habitants et touristes se rassemblent sur une esplanade dominant les dunes ; et lorsque les policiers ne veillent pas trop strictement, certains descendent s’approprier le sable. Couples, familles, solitaires — comme moi — deviennent alors comme des notes posées sur les courbes du désert. Le ciel se teinte d’orangé, puis de rose ; l’océan devient une plaque d’acier sombre ; le vent caresse les visages comme pour apaiser les tensions de la journée. Parfois, un musicien sort une guitare ou un violon, et quelques airs s’élèvent, simples et nostalgiques. La musique se mêle à la lumière déclinante et rend l’amour plus présent dans l’air. Tout se déroule avec une dévotion presque religieuse. La foule se tait devant l’astre qui décline, Râ saluant le monde avant de disparaître. Mon enfance à Sfaïla, entre le Metn et le Kesrouan m’a rendu familier des couchers de soleil contemplés entre Beit-Chabab en hiver et Ballouné en été. Cependant, dans ce désert atlantique, la ferveur partagée donne à ce rite banalement quotidien une tonalité inédite : une liturgie cosmique, silencieuse et universelle.
Le 6 janvier, l’avenue principale brodée de palmiers, s’est transformée en carnaval pour la parade des Rois mages, si chère à la tradition espagnole. Les petits espagnols doivent attendre ce jour-là leurs cadeaux : ici, les trois Perses ont supplanté le Père Noël.
La cabalgata mêlait fanfares locales, costumes inspirés de Disney et chars évoquant les Mille et Une Nuits. Les Rois apparaissaient enfin, richement vêtus, lançant des bonbons à la foule. Devant ce mélange de foi, de folklore et de marketing, je me suis surpris à discerner : consolation d’un Évangile encore porté par la foule, ou dilution progressive d’un mystère devenu décor ?
Au cours d’une de mes escapades hors de Maspalomas, je me suis retrouvé à Arguineguín. Ville elle aussi marquée par le tourisme, mais à une échelle plus humaine, presque familière. Elle ressemble à une colonie suédoise : des hommes et des femmes venus du Nord, comblés de confort — mais en quête de lumière. En découvrant ses ruelles, je suis tombé sur une belle terrasse où se tenait un atelier de tricot animé par des femmes d’un certain âge de la communauté protestante suédoise. Elles confectionnaient des vêtements destinés à des œuvres caritatives. Je me suis approché, curieux. Et presque malgré moi, j’ai sorti de mon sac mes aiguilles et ma pelote — je ne sais toujours pas très bien pourquoi je les avais emportées avec moi ce jour-là. La surprise fut générale : un homme, méditerranéen de surcroît, s’installant pour tricoter au milieu d’un cercle de dames nordiques appliquées. Mon ouvrage était modeste — une simple écharpe, oui encore une — bien pâle en comparaison de leurs pièces élaborées, aux points complexes et sophistiqués. Mais l’accueil fut immédiat, chaleureux. On m’observait, on commentait, on riait presque euphoriquement. Ce jour-là, le tricot devint œcuménique et international.
Un autre moment marquant fut la rencontre, dans le petit port de pêche de Puerto de Mogán, surnommé la « petite Venise », avec deux Syriens tenant un restaurant. En quelques minutes, la conversation nous a conduits à Nabek, puis au P. Paolo Dall’Oglio, qu’ils avaient aidé dans l’entreprise de faire renaître Mar Moussa, arraché à l’oubli et à la négligence. Le monde est décidément petit. Sous le ciel atlantique, la Syrie surgissait avec ses blessures ouvertes et ses espérances fragiles. Nous avons parlé de l’avenir, des retournements imprévisibles de l’histoire, des inquiétudes tenaces. Dans cet échange improvisé, j’ai mesuré que Paolo n’est plus désormais un disparu, mais une victime et combien nos appartenances voyagent avec nous — même au milieu de l’océan, le Proche-Orient n’est jamais loin.
Entre ces visites, j’ai vécu huit jours de retraite en solitude. Il n’a pratiquement rien fallu changer au cadre : il suffisait d’intensifier la prière. Je participais à la messe paroissiale — sans jamais me présenter comme prêtre — participant à la liturgie dans la discrétion d’un fidèle anonyme. La liturgie espagnole m’a semblé populaire, vivante — guitare plutôt qu’orgue — parfois familière, mais habitée. Durant ces jours, j’ai lu Le pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle. Lecture parfois déroutante, à la frontière de la spiritualité chrétienne et d’un langage plus universel presque ésotérique, mais dont l’insistance sur l’ancrage dans l’instant m’a profondément rejoint. Après des années vécues dans la tension des échéances, des responsabilités et des urgences, il m’était salutaire d’entendre cet appel à habiter le présent. Non pas fuir l’histoire, ni se désengager, mais consentir à ce point précis où Dieu se donne : maintenant. Le sabbat devenait ainsi une école de présence.
Avant de conclure, comme Ignace dans les Exercices, il me faut dire un mot de la nourriture — ancrage dans le plus concret du réel. Pour la première fois de ma vie, je devais prendre en charge entièrement et durablement mon alimentation. J’avais bien sûr déjà cuisiné, mais jamais dans cette continuité quotidienne où il faut anticiper, sélectionner, laver, émincer, mijoter, goûter, rectifier, dresser — une chorégraphie quotidienne de gestes à apprivoiser — merci ChatGPT. Préparer sa nourriture devient une méditation sur notre condition incarnée : transformer la matière en énergie. C’est aussi découvrir l’esthétique discrète du geste culinaire — harmonie des couleurs, équilibre des saveurs, justesse des proportions. J’ai mesuré, par contraste, tout ce que nous devons aux cuisinières de nos communautés, dont le service nous libère pour d’autres tâches. Dans cette maîtrise retrouvée — moins de féculents, moins de sucre, moins de graisse— quelque chose s’est réajusté, jusque dans le corps lui-même. Certains chiffres, longtemps installés, ont commencé à reculer. Le sabbat a aussi laissé une trace visible.
Dans quelques jours, je quitterai les Canaries pour rejoindre notre communauté à Oxford, avant de partir pour Halifax, au Canada, au début du mois de mai. Lorsque je repenserai à ces semaines atlantiques, je n’y verrai pas d’abord les hôtels ni les touristes, mais une ligne d’horizon : sable, brise, mer, soleil déclinant. Un lieu où le vent — le souffle — restitue à l’âme sa beauté première, et où la lumière couchant invite à l’action de grâce.
Ronney el Gemayel, S.J.
24 février 2024
بدأت أشهر العطلة بشكل متسارع بعض الشيء. بالكاد انتهت مراسم تكريم الأب كميل حشيمه في بيروت في 5 كانون الأوّل، حتّى حان وقت المغادرة. كانت إسبانيا هي المحطّة الأولى، قبل أن ينتظرني المحيط الأطلسيّ في الجنوب، في جزر الكناري.
لن أتطرّق إلى المطبات الإداريّة — الحقيقيّة — المتعلّقة بجواز سفر يسافر أكثر من صاحبه. فقد شكّلت هذه المطبّات مصدر قلق خفيّ. لكن في النهاية، ظهرت جغرافيا داخليّة أُخرى في ماسبالوماس، جنوب غران كناريا.
كانت شقة عائلة الكاهن العامّ الحالي للرعويّة الجامعيّة، التي أتيحت لي بسخاء، تشبه منزلًا نائمًا. وبصفتي لبنانيّ أشبه “بجبل مغطى بالثلج”، كان عليّ أن أتأقلم معها بحياء: أفتح خزائن مليئة بالذكريات، وأحدّد مساحتي من دون أن أزعج الذاكرة الصامتة للمكان.
ماسبالوماس هي مدينة سياحيّة مكثّفة، آليّة لا تتوقف أبدًا. فنادق ضخمة، مطاعم لجميع الأذواق، تدفّق مستمرّ للزوار الذين يأتون بحثًا عن الشمس في منتصف فصل الشتاء. الرياح هناك مستمرّة، وأحيانًا قويّة؛ وهي تنحت الكثبان الرمليّة الذهبيّة — التي جاءت من أماكن أُخرى مثل السيّاح — واستقرّت على هذه الجزيرة البركانيّة ذات الحجارة السوداء.
كلّ مساء، أمشي عشرين دقيقة للوصول إلى الشاطئ. هناك، يذهلني المنظر: صحراء من الرمال الذهبيّة تمتد إلى المحيط. ترسم كثبان ماسبالوماس بحرًا ساكنًا مقابل البحر الحيّ. النسيم، الصبور والمهيب، يمحو آثار السياح من اليوم السابق ويعيد رسم منحنيات الرمال بخط دقيق — كل يوم يشبه صباح اليوم الأوّل من الخلق. يضفي التقاء الصحراء والماء على المكان طابعًا توراتيًّا. تذكّرني صنادلي التي أرتديها دائمًا بصنادل موسى وهو يقترب من العلّيقة المشتعلة.
يكتسب وقت غروب الشمس كثافة مميّزة هنا. كلّ مساء، يجتمع السكّان والسيّاح على ساحة تطلّ على الكثبان الرمليّة؛ وعندما لا يكون رجال الشرطة يقظين للغاية، ينزل البعض للاستمتاع بالرمال. الأزواج والعائلات والأفراد — مثلي — يصبحون عندئذٍ كنوتات موسيقيّة موضوعة على منحنيات الصحراء. تتلوّن السماء باللون البرتقاليّ، ثم باللون الورديّ؛ ويصبح المحيط لوحًا من الفولاذ الداكن؛ وتداعب الرياح الوجوه كما لو كانت تهدئ توتّرات اليوم. أحيانًا، يخرج موسيقيّ غيتارًا أو كمانًا، وترتفع بعض الألحان البسيطة والحنينيّة. تمتزج الموسيقى مع الضوء المتلاشي وتجعل الحبّ أكثر حضورًا في الهواء. كلّ شيء يسير بعبادة شبه دينيّة. تصمت الحشود أمام النجم المتلاشي، رع يحيي العالم قبل أن يختفي. طفولتي في سفيلة، بين المتن وكسروان، جعلتني معتادًا على غروب الشمس الذي كنت أشاهده بين بيت شباب في الشتاء البلّونة في الصيف. ومع ذلك، في هذه الصحراء الأطلسيّة، يضفي الحماس المشترك على هذا الطقس اليوميّ العاديّ نغمة غير مسبوقة: طقس كونيّ، صامت وعالميّ.
في 6 كانون الثاني، تحوّل الشارع الرئيسيّ المزيّن بالنخيل إلى كرنفال لاستعراض الملوك الثلاثة، العزيز على التقاليد الإسبانيّة. ينتظر الأطفال الإسبان هذا اليوم للحصول على هداياهم: هنا، حلّ الملوك الثلاثة محل بابا نويل.
اختلطت في غابلغاتا الفرق الموسيقيّة المحليّة والأزياء المستوحاة من ديزني والعربات التي تذكرنا بـ ”ألف ليلة وليلة“. ظهر الملوك أخيرًا، بملابسهم الفاخرة، ورموا الحلوى على الحشود. أمام هذا المزيج من الإيمان والفولكلور والتسويق، فوجئت بنفسي وأنا أميّز: هل هو عزاء إنجيليّ لا يزال يحمله الحشد، أم تلاشي تدريجيّ لسرّ أصبح مجرّد ديكور؟
في إحدى رحلاتي خارج ماسبالوماس، وجدت نفسي في أرغينغوين. مدينة تتّسم هي الأخرى بالسياحة، ولكن على نطاق أعمق إنسانيّة، يكاد يكون مألوفًا. تشبه مستعمرة سويديّة: رجال ونساء قادمون من الشمال، ينعمون بالراحة — ولكنّهم يبحثون عن النور. أثناء استكشاف أزقّتها، عثرت على شرفة جميلة حيث كانت تقام ورشة حياكة تنظّمها نساء مسنّات من الجالية السويديّة البروتستانتية. كنّ يصنعنّ ملابس مخصّصة للأعمال الخيريّة. اقتربت، بدافع الفضول. وبدون أن أدري، أخرجت من حقيبتي إبر الحياكة وكرتي من الصوف — ما زلت لا أعرف لماذا أحضرتها معي ذلك اليوم. كانت المفاجأة عامّة: رجل، متوسّطيّ الأصل، يجلس ليحيك وسط دائرة من السيدات الشماليّات المجتهدات. كان عملي متواضعًا — وشاح بسيط، نعم، وشاح آخر — باهتًا جدًّا بالمقارنة مع أعمالهنّ المعقّدة، ذات النقاط المعقّدة والمتطوّرة. لكنّ الترحيب كان فوريًّا ودافئًا. كانوا يراقبونني، ويعلّقون، ويضحكون بمرح شديد. في ذلك اليوم، أصبحت الحياكة عملًا مسكونيًّا وعالميًّا.
كان اللقاء الآخر المهمّ في ميناء الصيد الصغير بويرتو دي موغان، الملقب بـ ”فينيسيا الصغيرة“، مع سوريَّين يديران مطعمًا. في غضون دقائق، قادتنا المحادثة إلى النبك، ثمّ إلى الأب باولو دالوليو، الذي ساعداه في مشروع إحياء دير مار موسى، الذي انتشلا من النسيان والإهمال. العالم صغير حقًّا. تحت سماء المحيط الأطلسيّ، ظهرت سوريا بجراحها المفتوحة وآمالها الهشّة. تحدّثنا عن المستقبل، وعن التحوّلات غير المتوقّعة في التاريخ، وعن المخاوف المستمرّة. في هذا الحوار المرتجل، أدركت أن باولو لم يعد مفقودًا، بل ضحيّة، ومدى ارتباطنا بانتماءاتنا التي ترافقنا أينما ذهبنا — حتّى في وسط المحيط، لا يبعد الشرق الأوسط أبدًا.
بين هذه الزيارات، قضيت ثمانية أيّام في رياضة روحيّة. لم يكن هناك حاجة لتغيير أي شيء في الإطار: كان يكفي تكثيف الصلاة. كنت أشارك في القداس في الكنيسة — من دون أن أقدّم نفسي ككاهن — وأشارك في الليتورجيا بتحفّظ كأحّد المؤمنين المجهولين. بدت لي الليتورجيا الإسبانيّة شعبيّة وحيويّة — بالغيتار بدلًا من الأرغن — مألوفة أحيانًا، لكنّها مفعمة بالحيويّة. في تلك الأيام، قرأت كتاب قوّة اللحظة الحاضرة لإيكهارت تول. كانت قراءة مربكة أحيانًا، على حدود الروحانيّة المسيحيّة ولغة أكثر عالميّة تكاد تكون غامضة، لكنّ إصرارها على التمسّك باللحظة الحاضرة أثّر فيّ بعمق. بعد سنوات عشتها في توتّر المواعيد والمسؤوليّات والطوارئ، كان من المفيد لي أن أسمع هذا النداء للعيش في الحاضر. ليس الهروب من التاريخ، ولا الانسحاب، بل الموافقة على النقطة المحدّدة التي يمنح فيها الله نفسه: الآن. وهكذا أصبح السبت مدرسة للحضور.
قبل أن أختتم، مثل إغناطيوس في الرياضات الروحيّة، لا بدّ لي من أن أقول كلمة عن الطعام – التمسّك بأكثر ما هو ملموس في الواقع. لأوّل مرّة في حياتي، كان عليّ أن أتولى مسؤوليّة طعامي بالكامل وبشكل دائم. بالطبع كنت قد طهوت من قبل، ولكن لم يسبق لي أن طهوت بشكل يوميّ مستمرّ حيث يتعيّن عليّ التخطيط المسبق والاختيار والغسل والتقطيع والطهي والتذوّق والتصحيح والترتيب — رقصة يوميّة من الحركات التي يجب إتقانها — شكرًا تشات جي بي تي. إعداد الطعام يصبح تأمّلًا في حالتنا الجسديّة: تحويل المادّة إلى طاقة. إنّه أيضًا اكتشاف الجماليّة الخفيّة لحركة الطهيّ — تناغم الألوان، وتوازن النكهات، ودقّة النسب. وبالمقارنة، أدركت كلّ ما ندين به لطاهيات جماعاتنا، اللواتي يحررنّنا من هذه المهمّة لكي نؤدّي مهام أخرى. في هذه السيطرة المستعادة — أقلّ من النشويات، أقلّ من السكر، أقلّ من الدهون — تمّت إعادة ضبط شيء ما، حتّى في الجسم نفسه. بدأت بعض الأرقام، التي كانت ثابتة لفترة طويلة، في الانخفاض. ترك السبت أيضًا أثرًا واضحًا.
بعد بضعة أيام، سأغادر جزر الكناري للانضمام إلى جماعتنا في أكسفورد، قبل أن أغادر إلى هاليفاكس في كندا في بداية شهر مايو. عندما أفكّر في هذه الأسابيع التي قضيتها في المحيط الأطلسيّ، لن أرى في البداية الفنادق أو السياح، بل أفقًا: رمال، نسيم، بحر، شمس غاربة. مكان حيث الريح — النسمة — تعيد إلى الروح جمالها الأصليّ، وحيث غروب الشمس يدعو إلى الشكر.
الأب روني جميل اليسوعيّ
24 شباط 2024
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Nous entrons aujourd’hui dans la Semaine Sainte. Ayant célébré l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, nous avons lu sa Passion selon Saint Matthieu. La joie et la fête sont derrière nous et nous entrons dans le mystère de Jésus qui se donne entièrement pour nous sauver. En attendant la Résurrection, c’est ce don de soi total — et la souffrance qui en découle — qui retient toute notre attention.
الخبرة الكبيرة – المبتدئ روجيه مجدي
كل راهب يسوعي فور انضمامه للرهبنة يكون في مرحلة الابتداء. ومن مراحل التكوين أن في عامه الثاني للابتداء يذهب في خبرة طويلة. وعليه فقد كان محدد لي أن أرسل إلى مدينة المنيا لقضاء وقت خبرتي هناك حيث يوجد مُجمع به دير اليسوعيين، ملحق بمدرسة الآباء اليسوعيين، وجمعية “الجزويت والفرير” التنموية، ومبنى لتكوين الشباب. وعلى مسافة 20 دقيقة سيرًا على الأقدام، جنوبًا من/قبلي المدرسة يوجد مبنى الفرير بمنطقة جاد السيد الذي فيه تتم أنشطة تعليمية وتربوية لأهل المنطقة. ويُدعى الفرير نسبة لأول من أسسه الفرير شمعون اليسوعي لبناني الأصل.
الخبرة الكبيرة ـ المبتدىء ألان الياس
من قلب يفيض بالشكر والامتنان المؤمن للثالوث القدوس الآب والابن والروح القدس الحاضر معي وفيَّ ومن خلالي برحمة لا توصف وحبٍ لا محدود، مصدر حياتي وغايتها. وبامتنان كبير للرهبانية اليسوعية وسخائها الكبير في مجال التنشئة والتكوين، التي اتاحت لي فرصة عيش الخبرة الكبيرة في جماعتين مختلفتين، في حين أن الهدف الأساسي لهذه الخبرة في كلا الجماعتين كان التركيز على تعلم اللغة الفرنسية التي أنا بأشد الحاجة إلى معرفتها وتعلمها، والتي درستها في معهد إتوال الخاص للغة لمدة 6 أسابيع، وقد كان وقتاً مثمراً للغاية، وعليه لم يكن لي من فرصة للمشاركة في عمل رسولي معين، إلا ما كان يُطلب مني بطريقة شخصية.
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في بيت الرياضات الروحية بمدينة ليشبونا- البرتغال عقد برنامج القيادة الإغناطية (ILP) بحضور أربعة وعشرون شخصًا من ثمان أقاليم. ستة أشخاص فقط يسوعيين. حضر من إقليمنا كل من الأب/ إميل جبرائيل، الأب/ سيمون دويك وكل من السيدة جانين إسبر، والسيدة لينا إسكندر من لبنان، والأخت جوتشيا من الجزائر. في جو من الصلاة، والتفكير الشخصي، والمشاركة قضى المشاركين ستة أيام للتفكير في القيادة من منظور إغناطي، ومن منظور منهجي.
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